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Des sanctions économiques immorales ?

By Jean-François Caron

Cette série de textes de réflexion ont pour objectif de fournir un éclairage autour de certaines questions que la guerre en Ukraine a contribué à soulever, à savoir les causes de ce conflit, l’efficacité et la moralité des sanctions économiques imposées à la Russie, sur l’irrationalité de Vladimir Poutine ainsi que les perspectives d’avenir de ce conflit non seulement sur les relations russo-ukrainiennes, mais aussi sur le monde global qui est en train de se dessiner à travers ce conflit. Cette note est la troisième dans cette série. Pour lire les deux premiers, cliquez ici et ici.

Comme l’a écrit Voltaire en 1764 dans le Dictionnaire philosophique, « la guerre est un fléau inévitable », mais elle n’en reste pas moins « le partage affreux de l’homme ». Voilà sans doute pourquoi les sociétés humaines ont depuis des siècles insisté sur l’importance de limiter le plus possible les préjudices qui devraient être tolérés en temps de conflit. Dans cette perspective, la règle de loin la plus importante est celle de la discrimination entre les personnes considérées comme combattants et les non-combattants qui exige de ne prendre que les premiers pour cible. Une incapacité à faire cette distinction ouvrirait toute grande la porte au barbarisme et à la guerre totale.

Pendant les conflits, la violence contre les personnes ne se limite pas uniquement à celle sur le champ de bataille, mais aussi à toute la gamme des politiques mises en place par les états et pouvant avoir des conséquences néfastes sur ce principe de la discrimination. Dans le cas ukrainien, les sanctions économiques imposées à la Russie ont des conséquences similaires à des armes de guerre et, lorsque déployées de manière indiscriminée, peuvent se révéler être des armes de destruction massive. Malheureusement, c’est le cas des sanctions occidentales contre la Russie qui auront à terme des impacts non seulement sur le peuple russe, mais aussi sur des millions d’individus un peu partout dans le monde.

Tout d’abord, il ne fait aucun doute que les sanctions ciblées contre Vladimir Poutine lui-même, ses ministres, les oligarques russes proches du pouvoir et députés qui ont voté en faveur de la reconnaissance de l’indépendance des républiques de Donetsk et de Louhansk étaient justifiées, dans la mesure où ces individus ont volontairement engagé leur responsabilité personnelle dans ce conflit. Toutefois, il en va tout autrement avec les sanctions qui ont suivies et dont le but avoué était d’étouffer l’économie russe, puisque les personnes qui seront le plus impactées par celles-ci se trouvent à être des millions de Russes qui n’ont rien à voir dans la décision d’engager leur pays dans cette guerre d’agression.

En effet, en vertu de quelle logique est-il légitime de prétendre que ces gens ont, même indirectement, engagé leur responsabilité dans ce conflit ? Parce qu’ils ont élu Vladimir Poutine au pouvoir et offert une majorité de sièges à la Douma aux partis qui le soutiennent ? Pareille explication ne fait aucun sens dans un État où les élections n’y sont pas libres. Parce qu’à l’exception de quelques courageux, ils ont fait le choix de ne pas manifester leur opposition à leur dirigeant ? Leur silence les rendrait donc complices ? Cette justification ne tient pas non plus la route lorsque l’on connait la nature des sanctions pénales qui sont réservées aux opposants. Parce qu’ils paient des taxes et des impôts à leur gouvernement dont une partie est par la suite investie dans le complexe militaro-industriel russe ? Si le concept du citoyen souverain n’est pas accepté chez-nous, imaginez simplement quel est son accueil au pays des tsars. En d’autres termes, malgré toutes les contorsions mentales imaginables, il est difficilement envisageable de justifier des sanctions aussi drastiques contre eux.


Les conséquences des sanctions se font déjà sentir sur le peuple russe, puisque la dévaluation du rouble russe a inévitablement contribué à une augmentation des prix dans le pays, ce qui condamnera ces gens—qui vivent déjà dans un état de pauvreté—à devoir se serrer encore davantage la ceinture, à affronter la faim et, dans le cas des mères célibataires, à devoir faire un choix répugnant, mais nécessaire à la survie de leurs enfants.

Par ailleurs, même pour ceux et celles qui osent encore prétendre qu’il est légitime de cibler la population civile russe, il est à noter que l’impact de ces sanctions ne se limitera pas simplement à eux, mais aussi à d’autres régions dans le monde et à leurs habitants contre qui la crainte d’une crise alimentaire de grande envergure pend au-dessus de leurs têtes telle une épée de Damoclès. En effet, il ne faut pas oublier que la Russie est le premier exportateur mondial de blé (20% des exportations mondiales) tandis que la part de l’Ukraine représente 12% des exportations mondiales. À toutes fins utiles, il n’y aura pas de récolte dans ce pays cette été et la Russie est désormais incapable de vendre cette ressource ailleurs dans le monde. Conséquemment, il faut donc s’attendre à une pénurie mondiale de blé, de maïs et autres grains plus tard cette année, ce qui entrainera une explosion des prix sur le marché (une explosion qui sera en outre décuplée par la hausse des prix du pétrole qui aura également une influence sur le coût de transport de cette denrée essentielle) pour ces produits qui sont à la base de l’alimentation de millions de personnes dans le monde qui ne jouissent malheureusement pas de la même sécurité alimentaire que les Occidentaux. Pensons par exemple à l’Égypte, le premier acheteur mondial de blé, dont plus de 80% de ses importations proviennent de la Russie et de l’Ukraine. Leur dira-t-on qu’ils n’ont qu’à manger de la brioche ? En raison de notre indignation émotive qui n’est jamais la meilleure des conseillères dans le domaine de la politique, sommes-nous en train de refaire le coup des sanctions imposées à l’Irak après la Première guerre du golfe en 1991 et qui auraient coûté la vie à près de 500 000 enfants irakiens[i] et qui a servi, jusqu’à présent du moins, d’exemple à ne pas suivre ?

Encore une fois, des innocents seront les victimes collatérales de ces sanctions qui, si elles persistent, resteront dans l’histoire comme l’alternative à la guerre la plus meurtrière de l’histoire.  Les dirigeants occidentaux qui ont imposé ces sanctions devraient avoir du mal à trouver le sommeil la nuit qui, dans leur indignation causée par l’agression russe, ont pris des décisions précipitées et, je crois qu’on peut aussi le dire, franchement immorales en raison de leur caractère indiscriminé.


En parallèle à cette question, il importe également de chercher à comprendre quelle est l’efficacité réelle des sanctions discriminées et imposées à ceux et à celles qui ont engagé leur responsabilité morale dans ce conflit.

Tout d’abord, il importe d’avoir une vision claire de ce à quoi consiste le régime autoritaire de Vladimir Poutine dont l’organisation rappelle dans les faits celle des grandes organisations mafieuses et du crime organisé. À la tête de la pyramide, le chef de l’État fait office de parrain dont le rôle consiste à faciliter l’enrichissement des principales élites économiques du pays. En retour, les bénéficiaires directs de cette manne, qui sont les oligarques les plus riches du pays, ont une responsabilité similaire à l’endroit de ceux qui se trouvent sous leur dépendance directe et ainsi de suite. Voilà la raison pour laquelle la Russie est souvent comparée, et non sans raison, à une « cleptocratie » et les grandes fortunes des hommes d’affaire proches de Poutine le prouvent très bien[ii]. L’objectif qui se cache derrière les sanctions économiques imposées à la Russie en 2014 suite à l’annexion de la Crimée auxquelles se sont ajoutées de nouvelles mesures contre Vladimir Poutine lui-même et les principaux oligarques du pays est de briser le lien de confiance entre le parrain et ses « capos » en gelant les avoirs de ces derniers à l’étranger et en limitant leurs capacités d’emprunt dans l’espoir qu’elles en viennent à les inciter à remplacer leur chef au profit d’un nouveau parrain dont les décisions seront davantage favorables à la satisfaction de leurs intérêts personnels.

Mais cet espoir est-il fondé ? Sans pour autant en tirer des conclusions définitives, ce qui reviendrait à sombrer dans le piège qui consiste à prédire l’avenir, il y a des raisons de douter que ces sanctions auront les effets escomptés. Outre le fait qu’il y a des raisons de croire que les sanctions économiques n’ont jamais fonctionné dans le passé[iii], l’optimisme lié à une possible efficacité de ces sanctions repose sur notre tendance à analyser la Russie sous l’angle d’une structure étatique comme celle que j’ai décrite précédemment, à savoir un état mafieux. Cela n’est vrai qu’en apparence. Car si l’objectif demeure de favoriser l’enrichissement personnel du chef de l’État et de ceux qui l’entourent, les capos ou les oligarques du régime ne jouissent plus d’une indépendance réelle à se faire entendre à l’intérieur de la structure et une capacité à influencer la politique. Il est à noter que cela n’était pas le cas auparavant lorsque Boris Elstine gouvernait le pays. Les oligarques jouissaient d’un pouvoir politique considérable (certains avaient même des postes ministériels) après s’être enrichis rapidement à la faveur des privatisations massives qui suivirent l’effondrement de l’Union soviétique.

Il en va tout autrement avec son successeur qui a pris grand soin de les éloigner de la politique en échange de quoi le Kremlin décida de fermer les yeux sur la façon avec laquelle ils accumulèrent leurs richesses. Ce faisant, Vladimir Poutine a été en mesure de libérer la sphère politique russe des griffes des élites économiques et de renverser le rapport maître-subordonné qui dominait sous l’administration Elstine. Les quelques oligarques qui ont refusé de jouer dans cette pièce ont subi les conséquences de leurs bravades. Comme le rappelle Andrey Kinyakin:

« Les oligarques éminents qui n’avaient pas accepté les conditions de [ce nouvel accord] et avaient osé contester la politique des autorités, ont dû s’exiler, tel Vladimir Gusinsky, le directeur de l’influent groupe financier et industriel Most, ou plus tard Boris Berezovsky, le plus célèbre oligarque de la période Elstine. D’autres ont été emprisonnés, tel le directeur de Yukos, Mikhail Khodorkovsky. Cependant la majorité de l’arrière-garde oligarchique est parvenue à survivre à ces purges, en acceptant les nouvelles règles du jeu et en démontrant sa loyauté au nouvel État-patron, incarné en la personne du Président Poutine »[iv].

En même temps, Vladimir Poutine a été en mesure de faire passer le capitalisme débridé de l’ère Elstine à un capitalisme d’État caractérisé par une intervention à grande échelle de l’État dans le contrôle des principales activités commerciales du pays. Ainsi, après son emprisonnement, les avoirs de Khodorkovsky furent transférés à une compagnie publique[v] et a mené à une accélération de la mainmise du Kremlin sur l’économie russe qui a fait passer sous son contrôle des entreprises jugées stratégiques dans les domaines pétrochimiques, du minerais, des entreprises automobiles ainsi que la compagnie aérienne Aeroflot avant d’atteindre son paroxisme en 2005 lorsque l’État a mis la main sur la compagnie Gazprom qui détient un monopole sur le gaz naturel du pays ainsi que sur 38 chaînes de télévision du pays, 10 stations de radio et de 3 sociétés internet. Ces compagnies furent en outre confiées à des proches et amis d’enfance de Vladimir Poutine issus de ce qu’on désigne aujourd’hui sous le nom de la « bande de Saint-Petersbourg », parmi lesquels faisait partie Dimitri Medvedev, celui qui garda au chaud le fauteuil présidentiel entre 2008 et 2012 alors que la constitution russe ne permettait pas à Vladimir Poutine de solliciter un troisième mandat. Ce sont ces individus que le Président russe connaît depuis plus de 30 ans et en qui il a confiance qui sont devenus les dépositaires de l’économie stratégique russe. Leur fidélité à toute épreuve est-elle non seulement attribuable aux postes qu’ils occupent et qu’ils se verraient retirer dans l’éventualité d’un changement de régime, mais également par le fait qu’ils partagent les mêmes idées que leur chef sur la place de la Russie dans le monde. Convaincus du bien-fondé des actions du Kremlin et conscients que leur sort personnel dépend également de l’issue de cette guerre, il serait éminemment surprenant de voir ces derniers se rebeller contre Vladimir Poutine. À cet égard, je me permets de citer une entrevue réalisée avec Bill Browder, l’un des rares financiers occidentaux à avoir pu profiter de la manne sous l’époque Elstine et qui a très bien résumer la situation actuelle des oligarques russes :

« Aucun d’entre eux n’a le moindre poids politique. Beaucoup sont les gardiens du trésor de Poutine et détiennent la majeure partie de l’économie. L’idée même de poids politique n’existe pas en Russie. Poutine prend toutes les décisions et les oligarques sont là pour son bon plaisir. En d’autres termes, il peut les remplacer dans la seconde s’il le souhaite. Quiconque pense que les oligarques pourraient se retourner contre lui à cause des sanctions se trompe absolument sur la manière dont le pouvoir fonctionne en Russie »[vi].

Dans les faits, la relation entre le Président russe et les oligarques est clairement unilatérale et est marquée par la domination complète du premier sur les seconds qui savent désormais qu’ils risquent d’être emprisonnés pour corruption et de voir tous leurs biens être confisqués par l’État pour la moindre critique à l’égard de Poutine ou pour refus de coopérer à ses projets. Cela signifie aussi que ces oligarques ne sont pas des « self-made men » et que leur fortune ne dépend pas de leur propre initiative. Au contraire, les compagnies qu’ils dirigent ne leur appartiennent pas, mais qu’ils en sont plutôt les simples dépositaires du pouvoir russe. Ils savent en outre pertinemment qu’un changement de régime en Russie les mènerait à tout perdre, y compris leur liberté puisque le risque serait grand qu’ils s’exposent à des poursuites judiciaires pour corruption et pour collaboration aux entreprises criminelles de celui qui leur a permis de s’enrichir. Certes, les sanctions ciblées contre eux vont leur faire perdre une fortune. Mais, au final, ils savent très bien qu’il y a un scénario beaucoup plus sombre qui les attend s’ils décidaient de se retourner contre leur maître. Dans les circonstances, il ne leur reste qu’un choix : la fuite en avant.


En somme, l’idée qui consiste à imposer des sanctions économiques peut s’avérer être une « fausse bonne idée » dans la mesure où elles peuvent non seulement en venir à avoir un impact néfaste sur des individus qui n’ont pas engagé leur responsabilité personnelle dans un conflit, mais aussi à ne pas mener aux conséquences politiques que l’on souhaite. Dans les circonstances, l’Occident ne devrait pas voir en elles la panacée par excellence qui permet de faire efficacement pression sur un État voyou au risque de totalement évacuer les efforts diplomatiques de la liste des options à privilégier. Car, au final, la plupart des guerres se terminent non pas par la destruction de son adversaire, mais plutôt par le compromis entre les parties qui ne peut qu’être le résultat de la discussion et de négociations.

Jean-François Caron (@jfrcaron) est professeur agrégé au Département des sciences politiques de l’Université Nazarbayev au Kazakhstan, ainsi qu’un chercheur senior avec l’Institut pour la paix et la diplomatie.


[i] Barbara Crossette, « Iraq Sanctions Kill Children, U.N. Reports », The New York Times, le 1er décembre 1995.

[ii] Anders Aslund, Russia’s Crony Capitalism: The Path from Market Economy to Kleptocracy. New Haven: Yale University Press.

[iii] Voir Nicholas Mulder, The Economic Weapons: The Rise of Sanctions as a Tool of Modern War. New Haven: Yale University Press, 2022. Pourtant, cette thèse reste contestée.

[iv] Andrey Kinyakin, « Les oligarques dans la Russie contemporaine : de la « capture » de l’État à leur mise sous tutelle », Revue internationale de politique comparée, Vol. 20, No. 3, 2013, pp. 120-121.

[v] Inutile de dire que la condamnation à 10 ans de prison et la confiscation des biens de celui qui était alors l’homme le plus riche de Russie dont la fortune était estimée à 15 milliards $ a tétanisé les oligarques russes qui ont fait le choix de rentrer dans le rang.

[vi] Jean-Marc Gonin, « Bill Browder : la moitié de la fortune des oligarques appartient à Poutine », Le Figaro, le 10 mars 2022.

Panel 4: Pathways to Manage Non-Proliferation in the Middle East (4:30 PM - 5:45 PM ET)

The Western powers have failed to effectively manage the increasing threat of proliferation in the Middle East. While the international community is concerned with Iran’s nuclear program, Saudi Arabia has moved forward with developing its own nuclear program, and independent studies show that Israel has longed possessed dozens of nuclear warheads. The former is a member of the treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons (NPT), while the latter has refused to sign the international agreement. 

On Middle East policy, the Biden campaign had staunchly criticized the Trump administration’s unilateral withdrawal from the Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), more commonly known as the Iran Nuclear Deal and it has begun re-engaging Iran on the nuclear dossier since assuming office in January 2021. However, serious obstacles remain for responsible actors in expanding non-proliferation efforts toward a nuclear-free zone in the Middle East. 

This panel will discuss how Western powers and multilateral institutions, such as the IAEA, can play a more effective role in managing non-proliferation efforts in the Middle East.  

Panelists:

Peggy Mason: Canada’s former Ambassador to the UN for Disarmament

Mark Fitzpatrick: Associate Fellow & Former Executive Director, International Institute for Strategic Studies (IISS)

Ali Vaez: Iran Project Director, International Crisis Group

Negar Mortazavi: Journalist and Political Analyst, Host of Iran Podcast

David Albright: Founder and President of the Institute for Science and International Security

 

Closing (5:45 PM – 6:00 PM ET)

Panel 3: Trade and Business Diplomacy in the Middle East (3:00 PM - 4:15 PM ET)

What is the current economic landscape in the Middle East? While global foreign direct investment is expected to fall drastically in the post-COVID era, the World Bank reported a 5% contraction in the economic output of the Middle East and North African (MENA) countries in 2020 due to the pandemic. While oil prices are expected to rebound with normalization in demand, political instability, regional and geopolitical tensions, domestic corruption, and a volatile regulatory and legal environment all threaten economic recovery in the Middle East. What is the prospect for economic growth and development in the region post-pandemic, and how could MENA nations promote sustainable growth and regional trade moving forward?

At the same time, Middle Eastern diaspora communities have become financially successful and can help promote trade between North America and the region. In this respect, the diaspora can become vital intermediaries for advancing U.S. and Canada’s business interests abroad. Promoting business diplomacy can both benefit the MENA region and be an effective and positive way to advance engagement and achieve foreign policy goals of the North Atlantic.

This panel will investigate the trade and investment opportunities in the Middle East, discuss how facilitating economic engagement with the region can benefit Canadian and American national interests, and explore relevant policy prescriptions.

Panelists:

Hon. Sergio Marchi: Canada’s Former Minister of International Trade

Scott Jolliffe: Chairperson, Canada Arab Business Council

Esfandyar Batmanghelidj: Founder and Publisher of Bourse & Bazaar

Nizar Ghanem: Director of Research and Co-founder at Triangle

Nicki Siamaki: Researcher at Control Risks

Panel 2: Arms Race and Terrorism in the Middle East (12:00 PM - 1:15 PM ET)

The Middle East continues to grapple with violence and instability, particularly in Yemen, Syria and Iraq. Fueled by government incompetence and foreign interventions, terrorist insurgencies have imposed severe humanitarian and economic costs on the region. Meanwhile, regional actors have engaged in an unprecedented pursuit of arms accumulation. Saudi Arabia and the United Arab Emirates have imported billions of both Western and Russian-made weapons and funded militant groups across the region, intending to contain their regional adversaries, particularly Iran. Tehran has also provided sophisticated weaponry to various militia groups across the region to strengthen its geopolitical position against Saudi Arabia, UAE, and Israel. 

On the other hand, with international terrorist networks and intense regional rivalry in the Middle East, it is impractical to discuss peace and security without addressing terrorism and the arms race in the region. This panel will primarily discuss the implications of the ongoing arms race in the region and the role of Western powers and multilateral organizations in facilitating trust-building security arrangements among regional stakeholders to limit the proliferation of arms across the Middle East.

 

Panelists:

Luciano Zaccara: Assistant Professor, Qatar University

Dania Thafer: Executive Director, Gulf International Forum

Kayhan Barzegar: Professor and Chair of the Department of Political Science and International Relations at the Science and Research Branch of Azad University

Barbara Slavin: Director of Iran Initiative, Atlantic Council

Sanam Shantyaei: Senior Journalist at France24 & host of Middle East Matters

Panel 1: Future of Diplomacy and Engagement in the Middle East (10:30 AM-11:45 AM ET)

The emerging regional order in West Asia will have wide-ranging implications for global security. The Biden administration has begun re-engaging Iran on the nuclear dossier, an initiative staunchly opposed by Israel, while also taking a harder line on Saudi Arabia’s intervention in Yemen. Meanwhile, key regional actors, including Qatar, Iraq, and Oman, have engaged in backchannel efforts to bring Iran and Saudi Arabia to the negotiating table. From a broader geopolitical perspective, with the need to secure its energy imports, China is also expected to increase its footprint in the region and influence the mentioned challenges. 

In this evolving landscape, Western powers will be compelled to redefine their strategic priorities and adjust their policies with the new realities in the region. In this panel, we will discuss how the West, including the United States and its allies, can utilize multilateral diplomacy with its adversaries to prevent military escalation in the region. Most importantly, the panel will discuss if a multilateral security dialogue in the Persian Gulf region, proposed by some regional actors, can help reduce tensions among regional foes and produce sustainable peace and development for the region. 

Panelists:

Abdullah Baabood: Academic Researcher and Former Director of the Centre for Gulf Studies, Qatar University

Trita Parsi: Executive Vice-President, Quincy Institute for Responsible Statecraft

Ebtesam Al-Ketbi: President, Emirates Policy Centre​

Jon Allen: Canada’s Former Ambassador to Israel

Elizabeth Hagedorn: Washington correspondent for Al-Monitor

Panel 4: Humanitarian Diplomacy: An Underused Foreign Policy Tool in the Middle East (4:30 PM - 5:30 PM ET)

Military interventions, political and economic instabilities, and civil unrest in the Middle East have led to a global refugee crisis with an increasing wave of refugees and asylum seekers to Europe and Canada. Moreover, the COVID-19 pandemic has, in myriad ways, exacerbated and contributed to the ongoing security threats and destabilization of the region.

While these challenges pose serious risks to Canadian security, Ottawa will also have the opportunity to limit such risks and prevent a spillover effect vis-à-vis effective humanitarian initiatives in the region. In this panel, we will primarily investigate Canada’s Middle East Strategy’s degree of success in providing humanitarian aid to the region. Secondly, the panel will discuss what programs and initiatives Canada can introduce to further build on the renewed strategy. and more specifically, how Canada can utilize its policy instruments to more effectively deal with the increasing influx of refugees from the Middle East. 

 

Panelists:

Erica Di Ruggiero: Director of Centre for Global Health, University of Toronto

Reyhana Patel: Head of Communications & Government Relations, Islamic Relief Canada

Amir Barmaki: Former Head of UN OCHA in Iran

Catherine Gribbin: Senior Legal Advisor for International and Humanitarian Law, Canadian Red Cross

Panel 3: A Review of Canada’s Middle East Engagement and Defense Strategy (3:00 PM - 4:15 PM ET)

In 2016, Canada launched an ambitious five-year “Middle East Engagement Strategy” (2016-2021), committing to investing CA$3.5 billion over five years to help establish the necessary conditions for security and stability, alleviate human suffering and enable stabilization programs in the region. In the latest development, during the meeting of the Global Coalition against ISIS, Minister of Foreign Affairs Marc Garneau announced more than $43.6 million in Peace and Stabilization Operations Program funding for 11 projects in Syria and Iraq.

With Canada’s Middle East Engagement Strategy expiring this year, it is time to examine and evaluate this massive investment in the Middle East region in the past five years. More importantly, the panel will discuss a principled and strategic roadmap for the future of Canada’s short-term and long-term engagement in the Middle East.

Panelists:

Ferry de Kerckhove: Canada’s Former Ambassador to Egypt

Dennis Horak: Canada’s Former Ambassador to Saudi Arabia

Chris Kilford: Former Canadian Defence Attaché in Turkey, member of the national board of the Canadian International Council (CIC)

David Dewitt: University Professor Emeritus, York University

Panel 2: The Great Power Competition in the Middle East (12:00 PM - 1:15 PM ET)

While the United States continues to pull back from certain regional conflicts, reflected by the Biden administration’s decision to halt American backing for Saudi Arabia’s intervention in Yemen and the expected withdrawal from Afghanistan, US troops continue to be stationed across the region. Meanwhile, Russia and China have significantly maintained and even expanded their regional activities. On one hand, the Kremlin has maintained its military presence in Syria, and on the other hand, China has signed an unprecedented 25-year strategic agreement with Iran.

As the global power structure continues to shift, it is essential to analyze the future of the US regional presence under the Biden administration, explore the emerging global rivalry with Russia and China, and at last, investigate the implications of such competition for peace and security in the Middle East.

Panelists:

Dmitri Trenin: Director of Carnegie Moscow Center

Joost R. Hiltermann: Director of MENA Programme, International Crisis Group

Roxane Farmanfarmaian: Affiliated Lecturer in International Relations of the Middle East and North Africa, University of Cambridge

Andrew A. Michta: Dean of the College of International and Security Studies at Marshall Center

Kelley Vlahos: Senior Advisor, Quincy Institute

Panel 1: A New Middle East Security Architecture in the Making (10:30 AM -11:45 AM ET)

The security architecture of the Middle East has undergone rapid transformations in an exceptionally short period. Notable developments include the United States gradual withdrawal from the region, rapprochement between Israel and some GCC states through the Abraham Accords and the rise of Chinese and Russian regional engagement.

With these new trends in the Middle East, it is timely to investigate the security implications of the Biden administration’s Middle East policy. In this respect, we will discuss the Biden team’s new approach vis-à-vis Iran, Yemen, Saudi Arabia, and Israel. The panel will also discuss the role of other major powers, including China and Russia in shaping this new security environment in the region, and how the Biden administration will respond to these powers’ increasing regional presence.

 

Panelists:

Sanam Vakil: Deputy Director of MENA Programme at Chatham House

Denise Natali: Acting Director, Institute for National Strategic Studies & Director of the Center for Strategic Research, National Defense University

Hassan Ahmadian: Professor of the Middle East and North Africa Studies, University of Tehran

Abdulaziz Sagar: Chairman, Gulf Research Center

Andrew Parasiliti: President, Al-Monitor