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Une guerre qui aurait pu être évitée

Image credit: Kremlin

By Jean-François Caron

Cette série de textes de réflexion ont pour objectif de fournir un éclairage autour de certaines questions que la guerre en Ukraine a contribué à soulever, à savoir les causes de ce conflit, l’efficacité et la moralité des sanctions économiques imposées à la Russie, sur l’irrationalité de Vladimir Poutine ainsi que les perspectives d’avenir de ce conflit non seulement sur les relations russo-ukrainiennes, mais aussi sur le monde global qui est en train de se dessiner à travers ce conflit.

Avec l’invasion de l’Ukraine par les troupes de Vladimir Poutine, plusieurs ont vu dans ce geste le retour à un monde international anarchique et hobbesien au sein duquel les grandes puissances s’octroient désormais le droit d’attaquer des états plus faibles. Qu’en est-il réellement ? Et si Vladimir Poutine ne faisait que reproduire la logique étasunienne des 30 dernières années marquée par des actions unilatérales et souvent en contradiction avec le droit international ? 

La décision d’engager son pays dans une guerre n’est jamais le résultat d’un coup de tête de la part d’un dirigeant politique, aussi peu démocrate puisse-t-il être. Cette décision résulte habituellement, mais pas toujours bien entendu, de ce qu’on appelle un « dilemme de sécurité », c’est-à-dire lorsqu’un État voit un autre État—ou une organisation destinée à la coopération militaire—augmenter sa puissance militaire, donnant ainsi à la première le sentiment que sa sécurité est en danger. Voilà qui explique la raison pour laquelle les tensions entre la Russie et l’Occident n’ont fait qu’augmenter au cours des 20 dernières années pour mener à la guerre que nous connaissons maintenant en Ukraine. 

Or, il importe de rappeler que la Russie a vu venir depuis longtemps ce qu’elle considère être non seulement une menace à sa sécurité, à savoir une expansion toujours de plus en plus importante de l’OTAN qui frappe maintenant aux portes de ses frontières, mais aussi son exclusion symbolique d’un ordre sécuritaire européen dont elle était délibérément exclue. Le premier véritable avertissement est venu en 2007 lors du discours de Vladimir Poutine à la Conférence de Munich sur la sécurité à l’occasion de laquelle il a rappelé les dangers inhérents au monde unipolaire issu de la Guerre froide : thèse qui a depuis été son leitmotiv en matière de politique étrangère jusqu’à son discours à la nation russe du 24 février 2022. 


Afin de mieux comprendre cette thèse, il est utile de se replacer dans le contexte qui était celui en 1991 : après un peu moins de 50 ans de lutte contre le communisme, le nouvel occupant de la Maison blanche, Bill Clinton, a dû répondre à une question fondamentale qu’aucun autre président n’avait eu à se poser avant lui: suite à l’effondrement spectaculaire de l’Union soviétique, quelle devrait être la place des États-Unis comme seule puissance hégémonique dans le monde ? A posteriori, il est évidemment aisé de répondre à cette question, mais force est de rappeler que le Président Clinton et son administration prirent beaucoup de temps à choisir la voie à suivre. En effet, après plusieurs mois de critiques sévères qui reprochaient à la Maison Blanche ses tergiversations et son indécision face à cette question fondamentale, la décision fut de faire des États-Unis un acteur global activement engagé à exporter ailleurs dans le monde les vertus idéologiques ayant contribué à la grandeur et à la supériorité de l’Amérique. 

C’est ainsi qu’est née l’idée de la convergence libérale qui se caractérisait par l’optimisme d’un monde (et d’un marché global) ouvert et fondé sur le dialogue, l’adhésion des nations à des institutions internationales perçues comme étant en mesure de régler les différents interétatiques (contribuant ainsi à éviter les dilemmes de sécurité), à une coopération en matière de sécurité globale ainsi que la primauté absolue accordée aux individus et à la jouissance de leurs droits individuels. Ultimement, cette approche fondée sur le dialogue et le respect du droit est pensé comme ayant un effet civilisationnel et modernisateur sur les États en sapant l’attrait des tendances isolationnistes et contraires au libéralisme. En vertu de cette logique, l’interdépendance et la soumission à un même ensemble de règles et de procédures sont pensées comme offrant des avantages similaires à ceux d’une sortie d’un état de nature hobbesien en générant un espace pacifié régulé par le droit et au sein duquel les entités ont voix au chapitre. 

Cette Pax Americana avait donc pour objectif de décloisonner le projet libéral des marges fixées par la Guerre froide et de l’étendre au reste du monde. Cette nouvelle vision fut explicitée en septembre 1993 par le Conseiller de la Maison Blanche à la sécurité nationale, Anthony Lake, qui annonça que le successeur à la doctrine de l’endiguement, qui avait été le mot d’ordre de la politique étrangère étasunienne au cours de la Guerre froide, allait désormais être dominée entièrement, et non plus sporadiquement comme cela a pu être le cas entre 1945 et 1991, par une stratégie d’élargissement, c’est-à-dire l’élargissement de la communauté internationale à la démocratie et au libre-marché capitaliste. Ce discours, qui fut en soi presqu’aussi important que celui de Winston Churchill prononcé à Fulton en 1946 dans lequel il popularisa l’expression du « rideau de fer » et qui allait être prémonitoire de ce que la Guerre froide allait avoir sur les pays « libérés » par l’Armée rouge dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale.[1] Bien que le discours de Lake n’avait pas la prétention de suggérer une stratégie claire, il n’en reste pas moins qu’il s’appuyait sur une vision qui mena par la suite à une série d’actions en ce sens aux quatre coins du monde et souvent dans des zones dépourvus d’intérêts stratégiques pour les États-Unis. Il suffit de penser à cet égard aux interventions américaines en Somalie en 1993, en Haïti en 1994, en Bosnie-Herzégovine ainsi qu’au Kosovo en 1999. Dans ces 4 cas, les États-Unis eurent recours à une tactique qu’il n’avait jamais entreprise auparavant, soit une intervention militaire afin de venir en aide à des peuples en danger et ne jouissant pas de la possibilité de vivre sous un état de droit, dans le but d’y construire les institutions libérales aptes à y établir la démocratie et la prospérité. 

De nombreuses nations qui étaient jadis opposées aux idéaux associés à la convergence libérale ont par elles-mêmes décidé de suivre cette voie. Ce fut notamment le cas de la Russie sous la présidence de Boris Elstine qui épousa avec enthousiasme « l’atlanticisme étasunien »[2] et s’engagea résolument en faveur d’une démocratisation libérale et d’une ouverture de son marché au reste du monde[3] : décision qui a valu au Kremlin un soutien indéfectible de la part de Washington. En effet, l’administration Clinton voyait chez Elstine la figure d’un individu prêt à rompre définitivement avec l’héritage soviétique et à faire de son pays un membre à part entière du monde libéral, d’où la raison pour laquelle la Maison blanche a multiplié les occasions visant à solidifier le pouvoir et le prestige du Président russe[4]. C’est en ce sens que Michael Mandelbaum a soutenu que :

« Pendant la période où il fut en poste, Elstine a dans une très large mesure manifesté son appui aux principes de la démocratie libérale. La Russie a organisé des élections qui furent globalement libres et justes. Le pays a permis aux médias d’opérer librement, la liberté d’expression et la liberté politique. Elstine a conduit une politique étrangère favorable à l’Ouest ou à tout le moins qui n’était pas défavorable à ses intérêts. Dans cette perspective, la décision de la part du Président Clinton de soutenir son homologue russe fut un très bon investissement »[5]

Or, si cette Pax Americana promettait de miser sur le multilatéralisme et la coopération entre les différents peuples, force est d’admettre que les actions de Washington ont souvent été en décalage avec ses engagements. En ce sens, cela ne peut que nous amener à relativiser l’idée selon laquelle le monde de 2022 serait confronté à une première depuis la Seconde Guerre mondiale, à savoir un pays qui s’engage dans ce que le Tribunal de Nuremberg a jadis désigné sous le terme de « crime contre la paix » en violant la souveraineté d’un autre membre de la communauté internationale. Du jamais vu depuis en plus de 80 ans nous dit-on, d’où la raison pour laquelle Vladimir Poutine est aujourd’hui comparé à Hitler et que le 24 février 2022 est maintenant l’équivalent du 1er septembre 1939 date à laquelle les armées allemandes ont attaqué sournoisement la Pologne. 

Certes, à première vue, il semble donc que le monde qui se déploie devant nos yeux n’est plus régulé par les normes et les grands principes moraux qui ont été au cœur de la reconstruction de l’ordre international post-1945 mais a plutôt été remplacé par un environnement international chaotique où désormais chaque état peut attaquer son voisin à sa guise. En d’autres mots, les efforts de nos prédécesseurs qui ont œuvré à pacifier tant bien que mal un ordre à la base anarchique et déterminé par la volonté de puissance des états semble avoir échoué. Voilà du moins le constant dominant : l’ordre international est à la merci de l’appétit des plus forts et il faut s’en méfier.

Or, ce « nouveau monde sans norme » que l’Occident doit combattre résolument n’est en fait que le résultat logique du monde des 30 dernières années qui opérait déjà en absence de normes et qui était déterminé en grande partie par la volonté de puissance de l’hégémon étasunien. En effet, la Pax Americana comportait également en son sein une logique selon laquelle Washington se donnait le droit d’agir de manière unilatérale et s’estimait en mesure de se passer de l’aval du Conseil de sécurité des Nations Unies lorsque l’occupant de la Maison blanche ne le jugeait pas nécessaire. Ce fut plus particulièrement le cas au Kosovo et en Irak en 2003 où, est-il utile de rappeler, les États-Unis n’hésitèrent pas à violer la souveraineté d’autres nations, et ce, en rupture totale avec le droit international post-1945. Dans le premier cas, ce n’est que plusieurs années plus tard que les raisons évoquées pour renverser le dirigeant serbe Slobodan Milosevic menèrent à la création du principe de la « responsabilité de protéger », tandis que dans le deuxième cas les États-Unis menèrent clairement une guerre préventive sous un prétexte erroné: geste illégal en vertu du droit international. 

Bref, cette période qu’on appelle celle de la « convergence libérale » était en fait anarchique et exempte de normes reconnues par les autres nations qui étaient plutôt imposées unilatéralement par les États-Unis. Le monde était alors déjà dans un état de nature hobbesien, ce que nous n’avons pas remarqué en Occident étant donné que celui-ci était favorable à nos intérêts et était porteur des valeurs qui nous définissent et qui nous sont chères. Il n’en reste pas moins que les risques inhérents à cette manière licencieuse et illimitée d’exprimer sa puissance furent remarqués par ceux qui étaient laissés en marge de « cet ordre désordonné », dont les Russes qui ont vu dans l’intervention au Kosovo (en pleine Pâques orthodoxe, est-il utile de le rappeler) le « péché originel » de l’OTAN qui a révélé au grand jour son vrai visage, à savoir une alliance militaire non pas uniquement défensive, mais bel et bien offensive et qui n’avait aucune gêne à attaquer unilatéralement des états souverains. L’aventure de Bush jr. en Irak quatre ans plus tard n’ont contribué qu’à confirmer que ce qui s’était passé au Kosovo n’était pas une simple dérive malheureuse des États-Unis, mais plutôt le début d’un nouveau modèle des relations internationales. 

Vladimir Poutine s’était montré à l’époque extrêmement critique à l’égard de ce monde marqué par l’illégalité et l’unilatéralisme étasunien, d’où la raison pour laquelle il rappelait dans son discours de 2007 à Munich le danger inhérent de ce genre d’actions pour la stabilité même de l’ordre international et exigeait des États-Unis qu’ils cherchent plutôt à établir un ordre réellement multilatéral et basé sur le dialogue ainsi que sur l’égalité entre les nations. Or, il n’en fut rien et la Maison blanche a plutôt cherché dans les années suivantes à écarter cette option au profit d’initiatives toujours de plus en plus fortes au sein d’organisations qu’elle dirigeait et à la solde de ses orientations et intérêts, plus particulièrement l’OTAN qui a cherché à élargir sa sphère d’influence aux portes de la Russie d’abord en Géorgie en 2008 et plus récemment en Ukraine. Dans les circonstances, il ne faut donc pas être surpris que la Russie en soit venue à terme à s’estimer victime d’un ordre international figé au sein duquel ses intérêts étaient non seulement ignorés, mais menacés par une puissance qui n’avait jamais hésité à recourir à la force illégitime et illégale pour faire prévaloir ses intérêts et sa vision du monde. 

Grand historien de la Grèce antique, Thucydide a laissé comme héritage à la science politique l’idée selon laquelle un conflit est quasiment toujours la conséquence normale d’une situation où une puissance exige une réforme du système mondial sur la base que celui-ci ne convient plus à l’affirmation de ses intérêts ou qu’il constitue pour lui une menace existentielle. Lorsque la puissance hégémonique refuse de modifier de quelque manière que ce soit le système en place, en plus de prendre des mesures préjudiciables aux intérêts de la puissance qui la critique, les États sont alors pris dans un piège (que l’on appelle désormais « le piège de Thucydide ») et la situation tend à s’envenimer rapidement au point où seule la guerre apparait à la puissance revendicatrice comme la seule voie de sortie lui permettant de dénouer l’impasse. Voilà comment il est possible d’expliquer la situation actuelle en Ukraine. 


Malgré les récriminations continuelles de Vladimir Poutine depuis 2007, l’ordre sécuritaire mondial est demeuré figé et au lieu d’œuvrer à un véritable multilatéralisme basé sur le dialogue, Washington a plutôt continué à privilégier l’expression de ses intérêts par le biais de l’OTAN dont le territoire s’étend aujourd’hui à moins de 150 kilomètres de Saint-Pétersbourg depuis que l’Estonie s’est jointe à l’organisation en 2004. Conséquemment, pareille attitude n’a contribué qu’à exacerber les craintes et les doutes de Moscou quant à la sincérité de la rhétorique étasunienne de l’après-Guerre froide selon laquelle les États se devaient de cesser de se considérer comme des rivaux mutuels et devaient plutôt privilégier l’idée selon laquelle ils étaient en mesure de faire face aux défis globaux en tant que partenaires égaux par le biais du multilatéralisme. Au fil du temps, Moscou s’est graduellement convaincu que la rhétorique occidentale n’était pas en phase avec ses intentions réelles et qu’elle cachait en réalité une volonté de transformer l’unipolarité idéologique de l’après-Guerre froide en unipolarité stratégique dont l’objectif consistait à transformer les États-Unis en un hégémon en mesure d’imposer, non plus par la persuasion, mais plutôt par la force son modèle de société. C’est ce qui a amené Vladimir Poutine à penser (à tort ou à raison) que plus personne ne peut se sentir en sécurité dans pareil système et que si le droit international ne peut plus servir de refuge aux nations, celles-ci n’ont d’autres choix que de se tourner vers une course aux armements.  

Dans les circonstances, la possibilité que l’Ukraine ne se joigne à l’OTAN était le coup de trop pour Vladimir Poutine qui s’est convaincu que la seule façon de forcer un changement à l’ordre international ne pouvait que se réaliser par la force et l’intimidation. Dans les circonstances, comment réagirait Washington si une puissance étrangère ayant au préalable fait la preuve à plusieurs reprises de sa volonté d’utiliser sa puissance militaire de manière unilatérale décidait de déployer, par exemple, des missiles nucléaires à quelques kilomètres de son territoire sous prétexte que les États-Unis ne devraient y voir aucune intention malveillante ? La question est purement matière de rhétorique et nous savons depuis la Crise des missiles de Cuba de 1962 que pareille initiative ne serait pas tolérée. En fait, l’exclusion de toute influence étrangère en Amérique fait partie intégrante de la stratégie étasunienne depuis la Doctrine Monroe élaborée en 1823. Il faut donc prendre la peine quelques instants de se placer dans les souliers de l’autre pour comprendre la raison pour laquelle Moscou reproche aux États-Unis d’avoir non seulement manqué à ses engagements en faveur du multilatéralisme et du rejet de l’unilatéralisme, mais aussi de prêcher une vision du monde que son propre gouvernement se refuserait à accepter s’il en était lui-même la victime. Il semblerait que Washington refuse d’appliquer à autrui sa propre logique géostratégique. 
En somme, il est possible dans ce contexte d’affirmer que les États-Unis ont peut-être remporté (certes par défaut) la Guerre froide après que l’Union soviétique eut été victime de sa propre nécrose politique et économique, mais qu’ils ont « perdu leur victoire » par leur propension à recourir à la force militaire de manière unilatérale, ce qui n’a eu pour effet que de générer lentement mais sûrement des tensions qui se sont pleinement déployées sous nos yeux le 24 février 2022. Certes, on ne peut exclure une défaite russe en Ukraine et un changement de régime en Russie. Si le passé est garant de l’avenir, cela ne fera que renforcer l’unité occidentale, la propension à croire en la supériorité de son modèle et son unilatéralisme des 30 dernières années : attitude qui ne fera qu’accentuer encore davantage les écueils de la Pax Americana dans le domaine de la sécurité internationale. Car si la Russie peut être perçue comme un colosse aux pieds d’argile qui peut être maté, il en va tout autrement avec la Chine de Xi Jinping.

Jean-François Caron (@jfrcaron) est professeur agrégé au Département des sciences politiques de l’Université Nazarbayev au Kazakhstan, ainsi qu’un chercheur senior avec l’Institut pour la paix et la diplomatie.


[1] Dans lequel il affirmait : « De Stettin dans la Baltique jusqu’à Trieste dans l’Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États de l’Europe centrale et orientale. Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia, toutes ces villes célèbres et les populations qui les entourent se trouvent dans ce que je dois appeler la sphère soviétique, et toutes sont soumises, sous une forme ou une autre, non seulement à l’influence soviétique, mais aussi à un degré très élevé et, dans beaucoup de cas, à un degré croissant, au contrôle de Moscou.  (…) Les partis communistes, qui étaient très faibles dans tous ces États de l’Est européen, se sont vu élevés à une prédominance et un pouvoir bien au-delà de leur importance numérique et cherchent partout à accéder à un contrôle totalitaire. Des gouvernements policiers dominent dans presque tous les cas et, jusqu’à présent, à l’exception de la Tchécoslovaquie, il n’y a pas de vraie démocratie ».  

[2] C’est ainsi que la diplomate Fu Ying, qui fut ambassadrice de la Chine aux Philippines, en Australie et en Grande-Bretagne, qualifie l’approche de la convergence libérale. Voir « How China Sees Russia : Beijing and Moscow are Close, but not Allies”, Foreign Affairs, Vol. 95, No. 1, 2016, p. 97.

[3] Robert Kagan, the Return of History and the End of Dreams, Knopf, New York, 2008. p. 7.

[4] Friedrich Nietzsche, The La Maison blanche et le Kremlin ont organisé pas moins de 17 rencontres officielles entre 1992 et 1999. Lors des événements de 1993 où un conflit entre les parlementaires de la Douma et le Président forcèrent ce dernier à faire tirer sur l’édifice du Parlement, Clinton réaffirma ouvertement son appui à son homologue en affirmant que ce dernier avait bien géré la crise (« Mr. Clinton praised the Russian President has having done “quite well” in managing the standoff with the Russian Parliament »), voir Douglas Jehl, « Clinton Repeats Supports for Yelstin », The New York Times, 30 septembre 1993. En outre, lors de la Première Guerre en Tchetchénie en décembre 1994, le Président Clinton n’hésita pas à comparer la situation à celle qu’avait connu les États-Unis au 19ème siècle au moment de la Guerre de Sécession et que la Tchetchénie était une partie intégrante de la Russie. Voir David Hoffman et John F. Harris, “Clinton, Yelstin Gloss Over Chechen War”, The Washington Post, 22 avril 1996. Finalement, après que des sondages aient indiqué la forte possibilité d’une défaite d’Elstine lors des élections présidentielles de 1996 contre son rival communiste, Gennady Ziouganov, la Maison blanche multiplia les efforts en vue de rehausser sa stature internationale et fit pression sur le Fonds monétaire international pour qu’il accélère la réalisation de projets devant favoriser sa réélection.

[5] Michael Mandelbaum, Mission Failure: American and the World in the Post-Cold War Era. Oxford: Oxford University Press, 2016, p. 56.

Panel 4: Pathways to Manage Non-Proliferation in the Middle East (4:30 PM - 5:45 PM ET)

The Western powers have failed to effectively manage the increasing threat of proliferation in the Middle East. While the international community is concerned with Iran’s nuclear program, Saudi Arabia has moved forward with developing its own nuclear program, and independent studies show that Israel has longed possessed dozens of nuclear warheads. The former is a member of the treaty on the Non-Proliferation of Nuclear Weapons (NPT), while the latter has refused to sign the international agreement. 

On Middle East policy, the Biden campaign had staunchly criticized the Trump administration’s unilateral withdrawal from the Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), more commonly known as the Iran Nuclear Deal and it has begun re-engaging Iran on the nuclear dossier since assuming office in January 2021. However, serious obstacles remain for responsible actors in expanding non-proliferation efforts toward a nuclear-free zone in the Middle East. 

This panel will discuss how Western powers and multilateral institutions, such as the IAEA, can play a more effective role in managing non-proliferation efforts in the Middle East.  

Panelists:

Peggy Mason: Canada’s former Ambassador to the UN for Disarmament

Mark Fitzpatrick: Associate Fellow & Former Executive Director, International Institute for Strategic Studies (IISS)

Ali Vaez: Iran Project Director, International Crisis Group

Negar Mortazavi: Journalist and Political Analyst, Host of Iran Podcast

David Albright: Founder and President of the Institute for Science and International Security

 

Closing (5:45 PM – 6:00 PM ET)

Panel 3: Trade and Business Diplomacy in the Middle East (3:00 PM - 4:15 PM ET)

What is the current economic landscape in the Middle East? While global foreign direct investment is expected to fall drastically in the post-COVID era, the World Bank reported a 5% contraction in the economic output of the Middle East and North African (MENA) countries in 2020 due to the pandemic. While oil prices are expected to rebound with normalization in demand, political instability, regional and geopolitical tensions, domestic corruption, and a volatile regulatory and legal environment all threaten economic recovery in the Middle East. What is the prospect for economic growth and development in the region post-pandemic, and how could MENA nations promote sustainable growth and regional trade moving forward?

At the same time, Middle Eastern diaspora communities have become financially successful and can help promote trade between North America and the region. In this respect, the diaspora can become vital intermediaries for advancing U.S. and Canada’s business interests abroad. Promoting business diplomacy can both benefit the MENA region and be an effective and positive way to advance engagement and achieve foreign policy goals of the North Atlantic.

This panel will investigate the trade and investment opportunities in the Middle East, discuss how facilitating economic engagement with the region can benefit Canadian and American national interests, and explore relevant policy prescriptions.

Panelists:

Hon. Sergio Marchi: Canada’s Former Minister of International Trade

Scott Jolliffe: Chairperson, Canada Arab Business Council

Esfandyar Batmanghelidj: Founder and Publisher of Bourse & Bazaar

Nizar Ghanem: Director of Research and Co-founder at Triangle

Nicki Siamaki: Researcher at Control Risks

Panel 2: Arms Race and Terrorism in the Middle East (12:00 PM - 1:15 PM ET)

The Middle East continues to grapple with violence and instability, particularly in Yemen, Syria and Iraq. Fueled by government incompetence and foreign interventions, terrorist insurgencies have imposed severe humanitarian and economic costs on the region. Meanwhile, regional actors have engaged in an unprecedented pursuit of arms accumulation. Saudi Arabia and the United Arab Emirates have imported billions of both Western and Russian-made weapons and funded militant groups across the region, intending to contain their regional adversaries, particularly Iran. Tehran has also provided sophisticated weaponry to various militia groups across the region to strengthen its geopolitical position against Saudi Arabia, UAE, and Israel. 

On the other hand, with international terrorist networks and intense regional rivalry in the Middle East, it is impractical to discuss peace and security without addressing terrorism and the arms race in the region. This panel will primarily discuss the implications of the ongoing arms race in the region and the role of Western powers and multilateral organizations in facilitating trust-building security arrangements among regional stakeholders to limit the proliferation of arms across the Middle East.

 

Panelists:

Luciano Zaccara: Assistant Professor, Qatar University

Dania Thafer: Executive Director, Gulf International Forum

Kayhan Barzegar: Professor and Chair of the Department of Political Science and International Relations at the Science and Research Branch of Azad University

Barbara Slavin: Director of Iran Initiative, Atlantic Council

Sanam Shantyaei: Senior Journalist at France24 & host of Middle East Matters

Panel 1: Future of Diplomacy and Engagement in the Middle East (10:30 AM-11:45 AM ET)

The emerging regional order in West Asia will have wide-ranging implications for global security. The Biden administration has begun re-engaging Iran on the nuclear dossier, an initiative staunchly opposed by Israel, while also taking a harder line on Saudi Arabia’s intervention in Yemen. Meanwhile, key regional actors, including Qatar, Iraq, and Oman, have engaged in backchannel efforts to bring Iran and Saudi Arabia to the negotiating table. From a broader geopolitical perspective, with the need to secure its energy imports, China is also expected to increase its footprint in the region and influence the mentioned challenges. 

In this evolving landscape, Western powers will be compelled to redefine their strategic priorities and adjust their policies with the new realities in the region. In this panel, we will discuss how the West, including the United States and its allies, can utilize multilateral diplomacy with its adversaries to prevent military escalation in the region. Most importantly, the panel will discuss if a multilateral security dialogue in the Persian Gulf region, proposed by some regional actors, can help reduce tensions among regional foes and produce sustainable peace and development for the region. 

Panelists:

Abdullah Baabood: Academic Researcher and Former Director of the Centre for Gulf Studies, Qatar University

Trita Parsi: Executive Vice-President, Quincy Institute for Responsible Statecraft

Ebtesam Al-Ketbi: President, Emirates Policy Centre​

Jon Allen: Canada’s Former Ambassador to Israel

Elizabeth Hagedorn: Washington correspondent for Al-Monitor

Panel 4: Humanitarian Diplomacy: An Underused Foreign Policy Tool in the Middle East (4:30 PM - 5:30 PM ET)

Military interventions, political and economic instabilities, and civil unrest in the Middle East have led to a global refugee crisis with an increasing wave of refugees and asylum seekers to Europe and Canada. Moreover, the COVID-19 pandemic has, in myriad ways, exacerbated and contributed to the ongoing security threats and destabilization of the region.

While these challenges pose serious risks to Canadian security, Ottawa will also have the opportunity to limit such risks and prevent a spillover effect vis-à-vis effective humanitarian initiatives in the region. In this panel, we will primarily investigate Canada’s Middle East Strategy’s degree of success in providing humanitarian aid to the region. Secondly, the panel will discuss what programs and initiatives Canada can introduce to further build on the renewed strategy. and more specifically, how Canada can utilize its policy instruments to more effectively deal with the increasing influx of refugees from the Middle East. 

 

Panelists:

Erica Di Ruggiero: Director of Centre for Global Health, University of Toronto

Reyhana Patel: Head of Communications & Government Relations, Islamic Relief Canada

Amir Barmaki: Former Head of UN OCHA in Iran

Catherine Gribbin: Senior Legal Advisor for International and Humanitarian Law, Canadian Red Cross

Panel 3: A Review of Canada’s Middle East Engagement and Defense Strategy (3:00 PM - 4:15 PM ET)

In 2016, Canada launched an ambitious five-year “Middle East Engagement Strategy” (2016-2021), committing to investing CA$3.5 billion over five years to help establish the necessary conditions for security and stability, alleviate human suffering and enable stabilization programs in the region. In the latest development, during the meeting of the Global Coalition against ISIS, Minister of Foreign Affairs Marc Garneau announced more than $43.6 million in Peace and Stabilization Operations Program funding for 11 projects in Syria and Iraq.

With Canada’s Middle East Engagement Strategy expiring this year, it is time to examine and evaluate this massive investment in the Middle East region in the past five years. More importantly, the panel will discuss a principled and strategic roadmap for the future of Canada’s short-term and long-term engagement in the Middle East.

Panelists:

Ferry de Kerckhove: Canada’s Former Ambassador to Egypt

Dennis Horak: Canada’s Former Ambassador to Saudi Arabia

Chris Kilford: Former Canadian Defence Attaché in Turkey, member of the national board of the Canadian International Council (CIC)

David Dewitt: University Professor Emeritus, York University

Panel 2: The Great Power Competition in the Middle East (12:00 PM - 1:15 PM ET)

While the United States continues to pull back from certain regional conflicts, reflected by the Biden administration’s decision to halt American backing for Saudi Arabia’s intervention in Yemen and the expected withdrawal from Afghanistan, US troops continue to be stationed across the region. Meanwhile, Russia and China have significantly maintained and even expanded their regional activities. On one hand, the Kremlin has maintained its military presence in Syria, and on the other hand, China has signed an unprecedented 25-year strategic agreement with Iran.

As the global power structure continues to shift, it is essential to analyze the future of the US regional presence under the Biden administration, explore the emerging global rivalry with Russia and China, and at last, investigate the implications of such competition for peace and security in the Middle East.

Panelists:

Dmitri Trenin: Director of Carnegie Moscow Center

Joost R. Hiltermann: Director of MENA Programme, International Crisis Group

Roxane Farmanfarmaian: Affiliated Lecturer in International Relations of the Middle East and North Africa, University of Cambridge

Andrew A. Michta: Dean of the College of International and Security Studies at Marshall Center

Kelley Vlahos: Senior Advisor, Quincy Institute

Panel 1: A New Middle East Security Architecture in the Making (10:30 AM -11:45 AM ET)

The security architecture of the Middle East has undergone rapid transformations in an exceptionally short period. Notable developments include the United States gradual withdrawal from the region, rapprochement between Israel and some GCC states through the Abraham Accords and the rise of Chinese and Russian regional engagement.

With these new trends in the Middle East, it is timely to investigate the security implications of the Biden administration’s Middle East policy. In this respect, we will discuss the Biden team’s new approach vis-à-vis Iran, Yemen, Saudi Arabia, and Israel. The panel will also discuss the role of other major powers, including China and Russia in shaping this new security environment in the region, and how the Biden administration will respond to these powers’ increasing regional presence.

 

Panelists:

Sanam Vakil: Deputy Director of MENA Programme at Chatham House

Denise Natali: Acting Director, Institute for National Strategic Studies & Director of the Center for Strategic Research, National Defense University

Hassan Ahmadian: Professor of the Middle East and North Africa Studies, University of Tehran

Abdulaziz Sagar: Chairman, Gulf Research Center

Andrew Parasiliti: President, Al-Monitor